• Le Caviste Baroudeur

On classe !

Classer les bières est un exercice difficile. Selon les pays, les modes, les époques et les cultures nous ne classons pas de la même manière, ce qui apporte incohérences et confusion.

Prenons la France par exemple, où le vin est la boisson alcoolisée dominante culturellement, nous classons par couleur. Cette classification par couleur, nous l’avons imposée aux bières...et c’était peut-être une erreur. Si vous allez dans ma boutique en ligne vous verrez que je classe aussi les bières par couleur, et je n’ai pas le choix car je suis français.

Nous avons donc en France des bières blondes, des bières rousses ou ambrées et des bières blanches pour faire simple. Dans d’autres pays, notamment anglo-saxon, la colorimétrie est une donnée pour les noms de bières, mais ce n’est pas la principale. Par exemple si je parle d’une cascadian dark ale, le dark m’indiquera que c’est une bière noire, mais je sais aussi que c’est une ale et fortement houblonnée avec du houblon américain, le célèbre cascade entre autre. Je sais ce que j’aurai dans le verre et en bouche si je commande ce type de bières. Et cascadian dark ale est aussi un terme débattu entre américains et britanniques qui revendiquent chacun la paternité du style, pas simple, c’est vrai. De plus doit-on obligatoirement mettre du houblon cascade, ou peut-on utiliser d'autres houblons qui permettent de se rapprocher du style ?


Si les bières blondes telles qu’on les imagine en France sont souvent des lagers industrielles nous classons dans cette catégorie, les pale ales, les india pale ales et autres qui sont généralement les bières produites par les brasseries artisanales. La problématique est que ces bières ne sont pas toujours blondes, c’est à dire un peu jaune. Une India Pale Ale (IPA) est souvent plutôt ambrée à cause de la forte présence de houblon, et déconcerte plus d’un français ne connaissant que la classification française qui commanderait une blonde avec en tête une bière légère et qui se retrouve avec une IPA ambrée et amère.

Autre problématique comment appeler en France une bière fortement houblonnée comme les IPAs mais qui comporte assez de malt torréfié pour la rendre noire ? Black IPA (black India Pale Ale) ? Le terme est un oxymore, pour la beauté de la langue c’est pas mal, pour définir un style, c’est plus délicat. Car PA signifie pale ale. Et les pale ales, pour nous, sont des blondes, vous vous rappelez de la cascadian dark ale ? Car on parle bien du même style. Bref on commence à chauffer du bulbes. Et pourtant.


Black IPA de chez la Brasserie le Détour à Montpellier

D’une fait d’une confusion entre les mots allemands signifiant blé et blanc, nous nous sommes mis à appeler les bières de blés, bières blanches. Pour qu’une bière soit considérée comme blanche elle doit comporter au moins 30% de blé. Et donc 70% de malt d’orge, dont une partie peut être torréfier, disons 5%, et donc donner une bière noire. On se retrouve alors avec des bières blanches mais noires. Et là pour le dire vulgairement, désolé, c’est le bordel pour le néophyte.

Notre logique de classification des vins nous a entraîné dans une incohérence notoire au niveau des bières. Et le mépris dont les bières furent l’objet à l’avantage du vin fait que nous avons perdus en France toute culture brassicole.

Pour éviter les problèmes, il conviendrait donc de classer les bières plus par style (même si des problèmes se posent dû à la créativité des brasseurs) que par couleur.

Cependant les pays anglophones et germanophones ayant gardé une forte culture brassicole la plupart des styles de bières portent des noms anglais ou allemands. Seuls les styles produits en Belgique wallonne permettent d’avoir des noms français. Techniquement ce ne serait pas un problème, les germanophones et anglophones ont bien conservé les mots français pour le vin, nous pourrions faire de même pour la bière. Mais les langues étrangères ont du mal en France. Prononcer les bières avec leur nom anglais donne l’air pédant et hispter-ique, avec leur nom allemand donne l’air de s’être perdu dans la Mittel Europa dominante.


C’est donc aux brasseurs, cavistes, barmans d'expliquer les noms des styles de bières, au moins pour les plus répandues, pour donner plus de sens aux consommateurs quand ils achètent, dégustent, apprécient ou rejettent un style. C’est un travail de longue haleine mais qu’il faut faire pour renforcer la culture brassicole en France et pour permettre à chacun de savoir le goût qu’aura la bière qu’il achète, à moins que les brasseurs nous tendent des pièges, mais là c’est une autre histoire.


Classer les bières est un exercice périlleux on l’a vu. La créativité, les changement de noms, du sens des mots, on l’a vu aussi la semaine dernière avec l’histoire des porters, font que toute classification est mouvante. En revanche on peut se reposer sur des bases ou sur des ouvrages. Je vous mets en lien un doc PDF, en anglais, avec le noms de styles et les goûts que l’on attend qu’elles aient. Bien sûr il ne faudrait pas prendre cela pour un livre de culte immuable à l’envie qui enfermerait les brasseurs. La créativité étant la clé de toute réussite, s’affranchir des règles entraîne le progrès. Ceci dit, pour que nous parlions tous la même langue, il faudrait s’accorder sur le nom de base comme pale ale, stout, porter, sour, lager, berliner weisse, bière de blé...

https://www.bjcp.org/docs/2008_Guidelines.pdf


Certains me diront que finalement ça marche plutôt bien avec notre classification française et qu’il n’y aurait pas d’intérêt commercial à rendre les choses plus complexes, voire pourrait nuire à la vente. C’est un très bon argument et c’est pourquoi nous devons essayer de s’accorder sur une définition de base et de voir ensuite dans quelques décennies en fonction de l’évolution de la consommation de bière artisanale en France, et comment nous français nous nous engageons dans ce craftbeer revival.

CS

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